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Eden film

Il s’agissait peut-être de l’un des films les plus attendus de 2014 pour les amateurs de musique.

Finalement, Eden, le 4ème film écrit et réalisé par Mia Hansen-Løve est sorti en salles le 19 novembre. Au casting, on peut voir Félix de Givry (co-fondateur de Pains Surprises), Vincent Macaigne et Pauline Etienne (vus dans 2 Automnes 3 Hiver), ou encore Vincent Lacoste (Les Beaux Gosses). L’histoire de Paul (Sven Løve dans la réalité, le frère de Mia), DJ de musique garage, s’inscrit à travers les débuts de la french touch.

Et alors, ça donne quoi ? Vusurleweb vous dit tout.

L’ascencion d’un Dj, ses réussites et échecs, son inspiration, le tout raconté par sa sœur :

 « Tu vas où ? » demande la mère de Paul (Félix de Givry) au début du film. « Poster une lettre », lui répond calmement celui-ci. « Poster une lettre » pour Paul, c’est en fait prendre son vélo et se rendre en rave party, lui qui est passionné de musique house et garage.

La première partie du film « PARADISE GARAGE », raconte la montée du jeune Dj en devenir, sur fond de la french touch. Histoires d’amours passionnelles (ou moins), histoires d’amitiés fusionnelles (ou moins), soirées toujours plus décadentes, Mia Hansen-Løve met en contexte le milieu très fermé des nuits parisiennes.

Pourtant, comme l’indique la deuxième partie du film, Paul l’ado attardé qui ne veut pas grandir, est assez rapidement « LOST IN THE MUSIC », rattrapé par ses démons nocturnes, et déçu par les coups bas de la vie. Trop d’excès, trop de dettes, trop, trop, Paul continue jusqu’à sa chute. Puis finit par tout arrêter, à 34 ans.

Le pari est réussi pour la réalisatrice, qui raconte avec émotion l’histoire de son frère bien-aimé.

Critique du film - EDEN

La french touch, sublimée par la Bande Originale du film :

 Scénario et réalisation mis à part, la BO du film est une véritable petite pépite. Supervisée par Raphaël Hamburger, on y retrouve plusieurs classiques (Veridis Quo de Daft Punk, Plastic Dream de Jaydee), mélangés à d’autres morceaux plus pointus (Finally de Kings of Tomorrow ou Sweet Harmony, de Liquid). Vous y écouterez aussi les grands noms de la musique house/techno comme Derrcik May, Frankie Knuckles, Joey Beltram ou Kerri Chandler. Bref, 23 titres réunis dans une bande son plus que réussie, qui donne envie de danser, d’être vivant.

Un groupe de jeunes dont les rêves débordent des poches :

 J’avais entendu parler de la sortie d’un film sur la musique électronique des années 90 il y a assez longtemps. Or, il était décrit comme une biographie de Daft Punk. Beaucoup plus personnel et intimiste, le parcours de Sven Løve est extrêmement touchant.

J’ai été complètement séduite par ce portrait (et certes, par Félix de Givry), qui n’est finalement pas tant celui d’un seul Dj, mais celui d’un groupe de jeunes dont les rêves débordent des poches, symboles de toute une génération.

C’est le portrait de la dernière révolution musicale du 20ème siècle. Une révolution pleine de désirs et d’espoirs mais aussi d’appréhension face à l’avenir. Dans l’obscurité du club la peur disparaît et laisse place au sentiment le plus exacerbé par cette nouvelle musique : l’Amour. C’est la Love Generation.

Eden réussit le challenge de rendre actuelle l’histoire de jeunes dans les années 90, et je pense que n’importe quelle personne entre 20 et 35 ans ayant un tant soit peu fait la fête peut se reconnaître en eux. Le tourbillon de la nuit, la musique et les soirées qui ne finissent jamais, c’est intergénérationnel, c’est émouvant et ça nous plait.

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